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الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique

وزارة التعليم العالي والبحث العلمي

Université Dr. Moulay Taher Saida

Département d’agronomie et nutrition

 

 

Cours 3éme année Agronomie

Spécialité : Production végétale

 

Dr. BASSEDDIK Aida

 

2025 /2026

Plan de cours

Partie 1 : Productions végétales

Chapitre 1 : Les grandes cultures

1.1. Cultures céréalières

1.2. Cultures fourragères

1.3. Cultures industrielles

1.4. Légumineuses alimentaires

Chapitre 2 : Les cultures maraîchères 3H

2.1. Zones de production et type de cultures.

2.2. Conditions naturelles et aménagements en cultures maraîchères

2.3. Multiplication et production des espèces maraîchères.

2.4. Plantation et mode de conduite.

Chapitre 3 : L’arboriculture fruitière et viticulture 1H30

3.1. Principaux groupes

3.2. Production des cultivars

3.3. Plantation et création de verger

Chapitre 4 : Les plantes aromatiques et médicinales 1h30

4.1. Diversité

4.2. Intérêts

Chapitre 5 : Les plantes ornementales 1h30

5.1. Multiplication des plantes ornementales

5.2. Intérêts environnementaux

 

Partie 2 : Amélioration végétale

Chapitre 1 : Bases de l’amélioration

1.1. Rappels des notions de génétique

1.2. Introduction aux méthodes de sélection

Chapitre 2 : Amélioration des espèces annuelles

2.1. Méthodes appliquées

2.2. Étude de cas

Chapitre 3 : Amélioration des espèces pérennes

3.1. Méthodes appliquées

3.2. Étude de cas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Objectifs de cours

L’objectif est d’apprendre à l’étudiant les différents types de cultures et leurs intérêts. Le mode de conduite et les aspects d’amélioration sont les éléments composants de cette matière. Au terme de ce module, l’étudiant sera en mesure d’appréhender les stratégies de mise en place d’une culture.

Connaissances préalables recommandées

Biologie et physiologie végétale, chimie, biochimie, botanique, génétique, pédologie.

Partie 1 : Productions végétales

Chapitre 1 : Les grandes cultures

1.1. Cultures céréalières

1.2. Cultures fourragères

1.3. Cultures industrielles

1.4. Légumineuses alimentaires

Chapitre 1 : Les grandes cultures

Les grandes cultures (ou culture de plein champ) désignent la production à grande échelle de plantes annuelles, le plus souvent en système de monoculture, sur de vastes parcelles mécanisées. Elles sont principalement destinées à la commercialisation (marché) et à la transformation industrielle, contrairement aux cultures maraîchères ou vivrières. Ces cultures sont le pilier de la sécurité alimentaire mondiale et de nombreuses filières agro-industrielles (Agreste, 2023).

1.1. Les cultures céréalières

Généralités

Les céréales sont des plantes de la famille des Poacées (graminées) cultivées pour leurs graines (caryopses), riches en glucides complexes (amidon) et en protéines. Elles constituent la base de l'apport calorique dans l'alimentation humaine et animale à l'échelle mondiale (FAO, 2022).

Principales espèces et utilisations

En agronomie, les Céréales (graminée cultivée pour le grain (comestible) sont : blé dur (Triticum turgidum ssp durum et blé tendre (Triticum aestivum) • -riz (Oryza sativa) • -maïs (Zea mays) • -escourgeon (Orge d’hiver à six rangs) (Hordeum vulgare) • -orge de brasserie • -seigle (Secale cereale L.) • -sorgho (Sorghum vulgare) Utilisation

La semoule de blé dur est principalement utilisée pour la fabrication de pâtes alimentaires, de couscous et pour la fabrication de diverses sortes de gâteaux secs. Les fabricants de pâtes exigent des semoules aptes à donner des pâtes de bonne qualité, possédant une couleur jaune ambré et une bonne tenue à la cuisson et à cet égard la couleur des grains est un critère de qualité. Leur poids spécifique également : s’il est inférieur à 80, la récolte est déclassée. Une teneur en protéines inférieure à 14 % entraîne également un déclassement

Importance économique et agronomique

Elles structurent les assolements (rotation des cultures) dans la plupart des systèmes agricoles tempérés. Leur production est hautement mécanisée (semis, traitement, récolte avec des moissonneuses-batteuses). La France est le premier producteur de céréales de l'Union européenne, avec une production oscillant autour de 65 millions de tonnes annuelles (FranceAgriMer, 2023).

La production mondiale céréalière

Les principaux exportateurs de céréales sont : USA, France, Argentine, Australie, Chine,

Canada, Russie, Ukraine, Allemagne, Inde, Thaïlande.

Tableau : Production mondiale de blé dur (moyenne triennale 2014-2016) – Source FAOSTAT 2018.

En Algérie

Le blé dur est une culture ancestrale dont le produit constitue la base de l’alimentation de la population sous diverses formes notamment semoule et pâtes (Hannachi, 2013). La consommation de céréales en Algérie représente 25 % des dépenses alimentaires et 230 kg/an d’équivalent-grains, avec une prépondérance de la semoule de blé dur (Rastoin et Benabderazik, 2014). Le total de la production nationale des céréales pour la campagne 2016/2017 est de 34,8 millions de quintaux, essentiellement constituée de 20 millions de quintaux de blé dur et près de 10 millions de quintaux d’orge en hausse de 1,4 % comparativement à la campagne 2015/2016 (MADRP, 2017).

Structure des céréales

Le fruit : est un caryopse (fruit sec simple indéhiscent dont la graine, appelée « amande » est intimement soudée au péricarpe par son tégument (à la différence de l'akène).Le caryopse est nu ou vêtu selon que les glumelles adhérent ou non au caryopse.

La coupe du grain fait apparaitre 3 parties :

- Les enveloppes qui représentent 14 à 15 % du poids du grain, comprennent :

• Le péricarpe, enveloppe du fruit,

• Le tégument de la graine ou testa,

• L’assise protéique (60 % du poids des enveloppes), constituée de cellules à aleurone, riches en protéines.

-Le germe, qui représente 1,4 % du grain, comprend : Le cotylédon ou scutellum, séparé de l’amande par une assise diastasique destinée à la digestion future de l’albumen au profit de la plantule. La plantule, avec sa gemmule recouverte d’un étui, le coléoptile, sa tigelle courte , et sa radicule, recouverte d’un étui la coléorhize.

- L’albumen, ou amande, 83-85 % du poids du grain, il est composé de 70 % d’amidon et de 70% de gluten. Germination du grain de blé : un organe transitoire, le coléoptile, se développe en premier, il protège la gemmule. La première feuille générée par la gemmule croît et perce le coléoptile qui dégénèrera ensuite. Au niveau radiculaire, la jeune radicule perce le coléorhize, d'autres racines primaires se développent (5 au total).

La culture de blé

Le blé est un terme générique qui désigne plusieurs céréales appartenant au genre Triticum.

Les blés cultivés aujourd’hui dans le monde appartiennent au genre Triticum, qui regroupe plusieurs espèces. Leur génome de base comporte sept chromosomes, avec plusieurs variations, les plus importantes pour la genèse du blé étant notées A, B et D par les généticiens (Le Stum et al., 2017).

Le blé est la céréale la plus cultivée au monde en termes de surfaces, avec une production annuelle avoisinant les 770 millions de tonnes (FAOSTAT, 2022). Il est la base de l'alimentation pour plus d'un tiers de la population mondiale, principalement sous forme de pain.

Origine des Blés

Le Croissant Fertile est le centre d'origine de blé entre environ 5000 et 6000 ans avant J.-C. Le blé a d'abord été récolté à l'état sauvage puis cultivé depuis le néolithique dans le « croissant fertile » (actuels Liban, Syrie, Sud de la Turquie) où subsistent à ce jour des blés sauvages. Les restes archéologiques montrent que le blé atteint l'Ouest de l'Europe 5000 ans environ avant J. C. Dans le même temps, il s’est diffusé vers l'Asie et l'Afrique. Son introduction en Amérique - particulièrement le blé tendre (Triticum aestivum L.) est faite en 1529 par les espagnols au Mexique. En Australie elle est faite par les anglais seulement en 1788.

Histoire évolutive du blé

Son histoire est intimement liée à celle des civilisations. Sa domestication, il y a environ 10 000 ans dans le Croissant Fertile (Moyen-Orient), marque le début de l'agriculture et de la sédentarisation des populations humaines (Zohary et al., 2012). La sélection empirique puis scientifique a donné naissance à une diversité d'espèces et de variétés adaptées à tous les environnements tempérés.

Anatomie et composition du Caryopse de Blé

Le grain de blé est un caryopse. Il s'agit d'un fruit sec indéhiscent typique de la famille des Poacées, où le péricarpe (paroi du fruit) est soudé à l'enveloppe de la graine

Le grain est composé de 3 Parties :

• Le germe (embryon) ;

• L’endosperme (80 %) ;

• Les enveloppes (son).

 

 

Figure : Anatomie et composition du Caryopse de Blé

Composition minérale

Les matières minérales sont concentrées dans les enveloppes. Dans le grain de blé 70% du phosphore se retrouve sous forme d’acide phytique.

LA PLANTE

L’appareille végétatif

Le système aérien est formé d'un certain nombre d'unités biologiques, les talles. Chaque talle est formée d'une tige feuillée ou chaume portant à son extrémité une inflorescence. La talle est à la graminée ce que le rameau feuillé est à l'arbre. Mais, chez la graminée, les ramifications partent toutes d'une même zone, court-nouée et située à la base de la tige, le plateau de tallage. La première talle apparue est appelée "brin-maître". La tige est formée d'entre-nœuds, séparés par des nœuds, zones méristématiques à partir desquelles s'allongent les entre-nœuds et se différencient les feuilles. Chaque nœud est le point d'attache d'une feuille.

Les feuilles sont alternes ou distiques (disposées sur deux rangs le long de la tige). Chaque feuille comprend deux parties : une portion inférieure enveloppant l'entre-noeuds correspondant (la gaine); et une portion supérieure (le limbe). Les gaines, attachées au niveau des noeuds, sont emboîtées les unes dans les autres et forment un tube cylindrique entourant la tige qui se déboîte au fur et à mesure de la croissance des entre-noeuds. A la jonction du limbe et de la gaine, on peut trouver une petite membrane non vasculaire, plus ou moins longue et dentelée, la ligule. De chaque côté de celle-ci, à la base du limbe se trouvent deux stipules plus ou moins embrassantes, glabres ou velues, les oreillettes : - le blé possède une ligule et des oreillettes, velues, - l'orge, une ligule et des oreillettes glabres, très embrassantes, - l'avoine, une ligule sans oreillettes, - le seigle, une ligule très courte et pratiquement pas d'oreillettes, La gaine peut être velue (avoine, seigle) et le bord du limbe cilié (avoine). L’épillet est un axe reproducteur condensé, comprenant deux bractées stériles (appelées glumes) qui enveloppent deux à cinq fleurs. La fleur hermaphrodite possède trois étamines et le pistil comprend un seul ovaire, un seul ovule et deux styles se terminant chacun par un stigmate plumeux. Le blé est une espèce surtout autogame

Morphologie et Cycle de Développement

Le blé est une plante annuelle. Son cycle comprend trois grandes périodes :

-une période végétative de la germination aux premières manifestations de l'allongement de la tige principale (début de la montaison) (levée, tallage = production de tiges secondaires)

-une période reproductive, du tallage herbacé à la fécondation (montaison = élongation de la tige, épiaison = sortie de l'épi, floraison

- une période de maturation, de la fécondation à la maturité complète du grain (floraison, maturation du grain).

Figure : Cycle de Développement de blé

 

Figure : Différentes stades de développement de Blé Tendre ( Soltner, 2025 modifiée ).

La période végétative
  • La phase Semis-Levée : La germination d'une céréale se traduit par la sortie des racines séminales de la coléorhize et, à l'opposé, par la croissance d’une pré feuille, le coléoptile. Celui-ci sert de manchon protecteur pour la première feuille qui sera fonctionnelle et percera le sommet du coléoptile peu après l'apparition de ce dernier au niveau du sol.
  • La phase Levée-Début tallage
  • Dès que la première feuille a percé l'extrémité du coléoptile, celui-ci s'arrête de croître. Il se dessèche peu à peu. Cette première feuille fonctionnelle s'allonge. Une deuxième apparaît, une troisième puis une quatrième. Chacune d'elles est imbriquée dans la précédente. Elles partent toutes d'une zone proche de la surface du sol, constituée par l'empilement des entre-noeuds : le plateau de tallage. Ce plateau est constitué de 4 à 5 noeuds. Sa hauteur est inférieure à 3 ou 4 mm. Il est relié au grain par une petite tigelle ou rhizome, constitué de 2 entre-noeuds. Pendant toute cette phase, la vitesse de croissance des feuilles dépend essentiellement de la température. L'apparition des différentes feuilles a lieu à des intervalles de temps constants en degrés de jours. Cet intervalle (le phyllochrone) est d'environ 80 à 100 d.j pour le blé tendre d'hiver, et de 50 à 70 d.j pour l'orge de printemps. Sur le plan nutritif, la plantule dépend uniquement de son système primaire de racines et de ses réserves. Pendant cette phase, la plante présente une certaine sensibilité au froid. Les symptômes de destruction peuvent apparaître sur le coléoptile, les feuilles et les rhizomes. Une chute brutale de température occasionne toujours des dégâts graves. Si elle est plus lente, ou précédée d'une période de températures peu supérieures à 0°C, les dégâts sont moindres : on parle alors d'endurcissement au froid. Les dégâts sont d'autant plus importants que la plante est plus jeune. Extrêmement sensible au stade coléoptile (phase Semis-Levée), très sensible jusqu'à 3 feuilles, la céréale voit sa résistance s'accroître au stade 4 feuilles. Elle devient maximale à plein tallage lorsque la plante dispose de tout son système radiculaire. Chez le blé et l'orge d'hiver, les variétés les plus résistantes peuvent survivre à des froids supérieurs à -14°C sans endurcissement. Les variétés les plus sensibles (de printemps en particulier) ne résistent pas au-delà de -10°C. Les variétés de printemps sont incapables d'endurcissement. Les variétés alternatives ont un endurcissement limité par rapport aux variétés d'hiver. Les trois principales céréales à paille (blé tendre, blé dur, orge) ont des sensibilités au froid voisines.

Figure : Tallage : les tiges secondaires apparaissent durant cette phase qui dure quarante à cinquante jours ;

La période reproductrice

épiaison-floraison : les épis apparaissent puis la plante fleurit ; les étamines apparaissent une fois la fécondation terminée. Cette phase dure environ trente jours.

Développement et maturation des grains : les grains acquièrent leur forme et leur taille définitive, puis leur consistance évolue ; ils passent du stade laiteux au stade pâteux puis au stade grain dur.

Vernalisation : Les variétés de blé d'hiver ont un impératif de vernalisation : elles doivent subir une période de froid (0-10°C) pendant plusieurs semaines pour initier la floraison. Les blés de printemps n'ont pas ce besoin.

Photopériodisme : Le blé est une plante de jours longs ; la floraison est favorisée par l'augmentation de la durée du jour.

Conditions de Culture et Exigences Pédoclimatiques

La durée totale du cycle est de l’ordre de 120 à 150 jours en milieu tropical. Plante des climats tempérés, le blé se développe entre 50° de latitude Nord et Sud. La température minimale de germination des graines est de 0°C, l’optimum étant 27°C. La floraison ne peut débuter que si la température dépasse 14°C et est optimale à 16,5°C. La maturation est optimale autour de 20°C. Elle a besoin d’un minimum de 100 jours sans gel pour se développer.

A. Climat

Température : Le blé préfère les climats tempérés. La température optimale de croissance se situe entre 15°C et 25°C. Des températures supérieures à 30°C pendant la floraison et le remplissage du grain (stress thermique) peuvent réduire considérablement le rendement.

Eau : Ses besoins en eau sont modérés (environ 400 à 600 mm sur l'ensemble du cycle). Le blé a surtout besoin d’eau en début de cycle (de la germination au tallage), puis durant la quinzaine qui précède l’épiaison (plus de 40 mm) , Les stress hydriques aux stades clés (montaison, floraison) sont très préjudiciables. Il est souvent cultivé en sec (pluvial) dans les régions aux pluies bien réparties.

B. Sol

Type : Le blé apprécie les sols profonds, bien drainés, de texture limoneuse, qui retiennent l'eau sans asphyxier les racines.

pH : Un pH neutre, autour de 6.5 à 7.5, est idéal.

Fertilité : Il est exigeant en azote (N) pour le rendement et la teneur en protéines, et en phosphore (P) pour un bon enracinement.

Les variétés de blé cultivées en Algérie

Les variétés locales traditionnelles Hedba 3, MBB, O.Zenati 368, Bidi 17, etc. sont maintenues depuis leur sélection bien avant 1961 jusqu’à nos jours et ce malgré leur faible potentiel de production, mais avec un rendement plus ou moins stable quelle que soit l’année.

Au cours de ces trente dernières années, le travail de sélection du programme d’amélioration des céréales a permis de sélectionner une centaine de variétés.

Pour chaque espèce, la sélection variétale a été faite pour répondre à la grande diversité agroécologique (sols, climats) des zones de production d’une part et aux besoins spécifiques des agriculteurs (nutrition humaine et alimentation animale) d’autre part.

En 2006, avec les nouvelles variétés sélectionnées et homologuées, le nombre de variétés autorisées à la production et à la commercialisation a atteint 58 variétés:

Blé dur : 32 variétés ;

Blé tendre : 26 variétés

Le blé dur : sur l’ensemble de ce matériel végétal en production, les variétés Vitron et Waha sont les plus demandées sur le marché ;

Blé tendre : seule la variété Hiddab, confirme sa suprématie depuis 12 ans (1994-2005) avec un taux d’occupation pratiquement de 80% du programme de semences ;

 

Zones de culture du Blé en Algérie

La zone des cultures céréalières est représentée par l’aire comprise d’est en ouest entre

L’isohyète 350 au sud et 600 mm au nord.

a) Zone à hautes potentialités (Z1) :

Cette zone bénéficie d'une pluviométrie moyenne annuelle supérieure à 500 mm. On y observe des rendements céréaliers moyens de 20 quintaux par hectare. Elle est représentée par des régions telles que les plaines de l'Algérois et de la Mitidja, le bassin des Issers, ou les vallées de la Soummann, de l'Oued El Kébir et de la Seybouse. Sa Surface Agricole Utile (SAU) est de 400 000 hectares, avec moins de 20 % dédiés à la culture céréalière.

b) Zone à potentialités moyennes (Z2) :

Caractérisée par une pluviométrie située entre 400 et 500 mm par an, cette zone est cependant sujette à d'importantes variations climatiques. Les rendements y sont variables, généralement compris entre 5 et 15 quintaux par hectare. On la trouve par exemple sur les coteaux de Tlemcen, dans la vallée du Chélif ou le massif de Médéa. Avec une SAU de 1 600 000 hectares, moins de la moitié de sa surface est consacrée aux céréales.

c) Zone à faibles potentialités (Z3)

Cette zone se situe dans un contexte climatique semi-aride, notamment sur les Hauts Plateaux de l'Est et de l'Ouest, ainsi que dans le sud du Massif des Aurès. La pluviométrie y est faible, avec moins de 350 mm par an en moyenne. Les rendements céréaliers y sont généralement inférieurs à 8 quintaux par hectare. Sa Surface Agricole Utile est la plus étendue, avec 4,5 millions d'hectares, dont près de la moitié est emblavée annuellement pour les céréales.

Référence : Sinclair, T.R., & Gardner, F.P. (Eds.). (1998). Principles of Ecology in Plant Production. CAB International.

Techniques Culturales

La conduite de la culture vise à contrôler les facteurs limitants pour atteindre le rendement et la qualité visés.

Préparation du sol :

Un labour ou un travail du sol simplifié (techniques culturales simplifiées, TCS) permet d'ameublir le sol et d'incorporer les résidus de la culture précédente, pour permettre la germination du grain et l'installation des fines racines. Le travail du sol à adopter doit être en fonction du précèdent cultural et de la texture du sol. Les blés sont précédées d'un labour effectué à l'automne ou à la fin de l'été, quelle que soit la nature du sol, à une profondeur de 25-30 cm. Trois systèmes de culture peuvent être adoptés :

  • Première opération : labour à la charrue à socs ou à disques,
  • Deuxième opération : quasi labour au pulvériseur à disques ou cultivateur,
  • Troisième opération : façons superficielles : hersage, semis et roulage.

L’avantage du travail du sol d’été consiste à profiter au mieux de l’évolution naturelle de l’état structural du sol obtenu après le labour, grâce à l’action du climat.

L’opération de reprises doit être réalisée vers la fin octobre, après l’épandage des engrais de fond et la levée des mauvaises herbes automnales si la pluie est précoce.

L’utilisation des outils à dents crée des perturbations physiques locales assez profondes sans retournement, ce qui réduit le ruissellement des eaux et améliore leur infiltration.

Semis

Date de semis : Elle est cruciale et dépend du type de blé (hiver ou printemps) et de la région. Un semis trop précoce expose à des maladies et au froid ; un semis trop tardif réduit le tallage et le potentiel de rendement.

Les dates de semis du blé doivent être raisonnées de façon à ce que le stade plantule soit atteint au moment où les températures sont à leurs valeurs minimales (accumulation suffisamment d’énergie leur de reprendre leur croissance après la période de froid) Les semis précoces effectués au cours du mois de novembre sont les plus recommandés, car elles permettent au blé de mieux valoriser les pluies automnales et d’échapper au stress hydrique et aux hautes températures de fin de cycle. Du 21 nov au 10 janvier dans les zones chaudes (littorale et sub littorales Du 10 nov au 5 Décembre dans les zones froides (hautes plaines).

  • Profondeur de semis : Le système radiculaire est composé de deux systèmes radiculaires successifs : * Le système de racines primaires ou séminales, fonctionnel de la levée au début du tallage. Ce système est constitué d'une racine principale et de deux paires de racines latérales, soit cinq racines ; une sixième racine peut éventuellement se développer. * Le système de racines secondaires ou de tallage (ou coronales), apparaissant au moment où la plante émet ses talles. Ce système se substitue progressivement au précédent. Il est de type fasciculé.

Densité de semis : Elle est généralement comprise entre 200 et 300 grains/m², ajustée en fonction de la précocité de la variété et de la date de semis.

Dose de semis : De 110 à 130 Kg/ha

Elle est augmentée en cas de :

§ Semis tardif

§ Sol mal préparé

§ Pouvoir germinatif diminué.

 

 

  • Mode de semis :
  • Semis avec le semoir en ligne garanti :
  • Une bonne répartition des semences
  • • Semis à la profondeur désirée
  • • Levée régulière.
  • Semis à la volée recouvert par la suite par un passage au cover crop.

Fertilisation

Une fertilisation raisonnée doit être basée sur :

- L’analyse du sol

– Précédent cultural

- Capacité de restitution qui dépend de la richesse du sol et du pH.

-Les besoins de la culture.

En absence d’analyses, il est recommandé d’apporter une fumure répondant aux besoins de la céréale.

Pour un rendement de 50 qx/ha les besoins sont :

- AZOTE … 120 Unités

- P2O5………… 60 Unités

- K2O…………100 Unités

-Soufre ……….50 Unités –

Autres oligo-éléments (Mgo, Mn, Zn, Cu, F

Azote (N) : Facteur limitant, il améliore le rendement en favorisant : - le tallage. - le nombre d’épis au m2. - le nombre de grains par épi. - le poids de 1000 grains et le taux de protéines dans le grain.

L’azote est très mobile dans le sol et facilement lessivé, au stade montaison, à l’épiaison les besoins sont importants.

• Une quantité d’Azote (20 unités) est nécessaire au semis car il améliore le développement racinaire et le tallage.

L’azote c'est le levier agronomique principal. La fertilisation azotée est fractionnée :

À la plantation (reliquat sortie hiver).

Au tallage pour favoriser le nombre d'épis.

Au stade "2 nœuds" (montaison) pour augmenter le nombre de grains par épi et la teneur en protéines.

Phosphore (P) et Potassium (K) : Apportés généralement à l'automne, en fonction de l'analyse de sol.

  • Le phosphore est un élément nécessaire à la croissance du blé , il agit sur le développement des racines en activant son démarrage , c’est également un facteur de précocité et de fructification . il accroît la résistance au froid et aux maladies. A la levée, le phosphore est nécessaire pour une bonne installation et démarrage de la culture et les besoins sont très élevés au stade épiaison.
  • La potasse joue un rôle important dans le rendement en agissant sur : • La formation et le stockage des glucides et protéines (remplissage des grains). • L’augmentation du taux de matière sèche. • La résistance à la sécheresse, au gel et aux maladies cryptogamiques. En condition de bonne pluviométrie et de haut rendement, les apports de potasse sont indispensables.

Fertilisation utilisée en Algérie

Depuis de nombreuses années, la fertilisation des céréales en Algérie s’est basée sur l’utilisation exclusive du TSP (Triple super phosphate) et de l’UREE.

 TSP 46% : - gros granules peu solubles. - P2O5 partiellement assimilable. -

aucun pouvoir acidifiant.

 UREE 46% : - pH alcalin : de 7.5 à 8.8. - forme uréique = perte par volatilisation.

 Fumure insuffisante :

40 unités de P2O5

46 unités d’Azote

0 unités de potasse et de soufre

Protection de la Culture

Mauvaises herbes : Gérées par le désherbage mécanique (hersage) ou chimique (herbicides). Epoques de désherbage La plupart des adventices ont fini de lever quand le blé atteint 3 feuilles, en particulier le ray-grass ; un semis précoce se désherbe en décembre. S’il y a de la folle avoine, du chardon ou des renouées, il faut un 2ème traitement au printemps.

Maladies fongiques : La rouille brune, la septoriose et les fusarioses sont les principales menaces. Leur contrôle repose sur le choix de variétés résistantes et l'application de fongicides.

Ravageurs : Les pucerons (vecteurs de la jaunisse nanisante) et les cécidomyies sont surveillés et contrôlés si nécessaire.

Récolte

Date : Le grain de blé est mur lorsqu’il casse sous la dent. Un taux d’humidité de 15%, une hygrométrie de l’air ambiant inférieure ou égale à 70% et une température de l’air et du grain de 10 °C sont indiquées pour une bonne conservation. La récolte a lieu à pleine maturité, lorsque le grain a une humidité d'environ 14-15%.

Un retard expose à des pertes par verse (couchage des tiges) ou égrenage.

Méthode : Elle est presque exclusivement mécanisée à l'aide de moissonneuses-batteuses.

Rendements

Les rendements moyens mondiaux sont d'environ 3,5 tonnes/hectare, mais ils varient énormément :

> 8 t/ha : Dans les systèmes intensifs d'Europe de l'Ouest (France, Allemagne, Royaume-Uni) avec une gestion optimisée.

2-4 t/ha : Dans les grandes plaines céréalières (États-Unis, Ukraine, Argentine).

< 2 t/ha : Dans les systèmes extensifs ou sous contraintes climatiques fortes (sécheresse).

Critères de Qualité

La qualité du grain détermine son usage et sa valeur commerciale.

Pour la panification (blé tendre) :

Teneur en protéines (11-14%) : Essentielle pour former le gluten.

Qualité du gluten : Le gluten doit être fort et élastique pour retenir le gaz carbonique lors de la fermentation de la pâte et donner un pain bien levé.

Indice de chute de Hagberg : Mesure l'activité enzymatique (alpha-amylase). Une valeur élevée indique une absence de germination sur pied.

Pour les pâtes (blé dur) :

Teneur en protéines (>12%) et vitrosité du grain (aspect translucide).

Couleur jaune ambré de la semoule, liée à la teneur en pigments caroténoïdes.

Débouchés Principaux

Alimentation humaine (60-70%) : Farine pour le pain, les biscuits, les pâtisseries. Semoule pour les pâtes.

Alimentation animale (20-30%) : Grains et sous-produits (son, farines basses) pour les bovins, porcs et volailles.

Usages industriels (5-10%) : Amidonnerie (production d'amidon, de gluten vital), bioéthanol (notamment en Europe), bioplastiques.

 

 

 

 


Modifié le: samedi 15 novembre 2025, 19:39