La mucormycose
La mucormycose (ou zygomycose) est une mycose invasive aiguë, opportuniste, due à des champignons de l’ordre des Mucorales, avec une progression rapide et une mortalité élevée si la prise en charge est retardée. La conduite à tenir repose sur un diagnostic urgent (imagerie + prélèvements) et un traitement combinant chirurgie, antifongique actif et correction des facteurs favorisants.[1][2]
Agents, réservoirs, transmission
Les agents principaux appartiennent aux Mucorales (ex. Rhizopus, Mucor, Lichtheimia), responsables d’infections rares mais sévères chez l’hôte fragilisé. La contamination est surtout environnementale (inhalation de spores, inoculation cutanée après traumatisme), ce qui explique la fréquence des formes rhino-orbito-cérébrales, pulmonaires et cutanées selon la porte d’entrée.
Physiopathologie et facteurs de risque
La mucormycose est caractérisée par une invasion vasculaire avec thromboses et nécrose tissulaire, ce qui explique les lésions noires/nécrotiques et la diffusion rapide. Les facteurs de risque majeurs incluent diabète (surtout acidocétose), hémopathies malignes, neutropénie, transplantation, corticothérapie/immunosuppression, et la déféroxamine.
Formes cliniques et signes d’alerte
Les présentations classiques comprennent: rhino-orbito-cérébrale (douleur sinusienne/faciale, œdème orbitaire, nécrose des cornets/palais), pulmonaire (fièvre, toux, hémoptysie), cutanée (nécrose au point d’inoculation) et digestive (plus rare, mais grave). Les recommandations insistent sur l’imagerie rapide pour documenter l’extension dès la suspicion, car la maladie est souvent destructive et rapidement progressive.[3][1][2]
Diagnostic microbiologique et anatomo-pathologique (démarche)
Le diagnostic repose sur une forte suspicion clinique et la confirmation par histopathologie et/ou culture à partir de prélèvements du site atteint. En pratique: (1) imagerie (CT/IRM selon localisation) pour extension, (2) prélèvement profond/biopsie si possible, (3) examen direct et histologie à la recherche d’hyphes compatibles, plus culture/identification.
Traitement (principes actuels)
La stratégie est multimodale: correction du terrain (contrôle glycémique, réduction des immunosuppresseurs si possible), débridement chirurgical précoce et antifongique systémique. Les recommandations internationales ECMM/MSGERC proposent en première ligne l’amphotéricine B liposomale à forte dose, et comme alternatives/recours l’isavuconazole IV ou le posaconazole (IV ou comprimé à libération retardée), avec un rôle important en « salvage therapy ». Le CDC rappelle aussi que le traitement doit être initié rapidement, et cite amphotéricine B, posaconazole ou isavuconazole comme antifongiques couramment utilisés (IV et/ou per os selon molécule).