Orge (Hordeum vulgare)

L’Orge est le nom commun des plantes du genre Hordeum, de la famille des graminées. Dumot latin hordeo, hérissé ; épis hérissés d'arêtes. Plante herbacée annuelle (2n= 2x=14).

En Algérie, l'orge est la 2eme céréale cultivée après le blé.

On distingue :

  • Orge d'hiver : Principalement pour l'alimentation animale.
  • Orge de printemps : Sélectionnée pour son faible taux de protéines, elle est essentielle à la brasserie (fabrication de la bière) où l'amidon est transformé en sucres fermentescibles.

Origine

Le Croissant Fertile comme centre unique d’origine de l’orge sauvage (Hordeum spontaneum) et parent héréditaire de l’orge cultivée à deux et à six rangs

L’orge cultivée comprend deux centres d'origines :

• le premier couvre l'Ethiopie et l'Afrique du Nord où on rencontre les biotypes avec barbes, à grain couvert,

• le second comprend la Chine, le Japon et le Tibet où on trouve les biotypes à grain nu et barbes plus au moins courtes voir absentes.

  • . Classification

Selon le degré de fertilité des épillets et la compacité de l'épi

Hordeum hexastichum L. (escourgeon) a un épi compact composé sur chaque axe du rachis de 3 épillets fertiles.

Hordeum tetrastichum L. a un épi lâche composé sur chaque axe du rachis de 2 épillets fertiles.

Hordeum distichum L. a un épi aplati et lâche composé de deux rangées d’épillets fertiles, sur

Chaque axe du rachis, entouré de 4 épillets stériles.

Selon leur milieu de culture ou le cycle végétatif :

Les orges d'hiver dont le cycle de développement de 180 jours, pour une somme de 1900 à 2000 degrés-jours, s'implantent en automne. Ces orges ont besoin pour assurer leur montaison, de température vernalisante qui manifeste un degré plus au moins élever de résistance au froid

hivernal.

Les orges de printemps dont le cycle de développement est très court (environ 85 à 120 jours ce qui correspond à une somme de 1500 à 1700 degrés-jours), s'implantent au printemps. Ces orges n'ont aucun besoin de vernalisation pour assurer leur montaison.

Les orges alternatives qui sont intermédiaires au plan tolérance au froid, entre les orges d'hiver et celles de printemps.

Morphologie de la plante

• La taille varie de 50 à 150 cm,

• Elle présente plusieurs talles

• Les feuilles sont planes à ligule courte et tronquée.

• La plante a une tige cylindrique et creuse, entrecoupée de nœuds là où se forment les feuilles.

• L’orge comporte deux épillets par entre nœud, chaque épillet produit une seule fleur fertile.

• L'épi est long de7 à 10 cm, formé d'épillets attachés aux nœuds par une structure dentelée nommée rachis.

• Les épillets sont regroupés par trois dans chaque creux de l’axe de l’épi et serrés avec une glumelle inférieure longuement aristée.

• La fleur présente trois étamines et les stigmates sont directement portés par le carpelle.

• Le grain (caryopse) est ovale, poilu au sommet, adhérent aux glumelles à la base.

Figure : Epillet d’orge à deux rangs à gauche et d’orge à six rangs à droite

Le grain

Le grain d'orge est ovale, entouré d'une enveloppe pailleuse, la pelure ou écorce. L'amande du

grain ou albumen contient environ 65% d'amidon et 10% de protéines.

Exigences de l’orge

Compte tenu de l’origine de l’orge et de ses caractéristiques de croissance, les conditions écologiques propices à sa culture devraient être relativement similaires à celles du blé Cependant, cette espèce possède un potentiel d’adaptation élevé. L'orge est plus tolérante aux conditions extrêmes de température que le blé. La culture d’orge se fait autant dans les régions froides délimitées aux latitudes 55 – 65°N que dans les régions tropicales et subtropicales en altitudes qui possèdent une saison sèche prolongée.

Exigences thermiques

La température optimale pour la germination ; l’émergence est de 15-20°C le minimum est de

2°C, le seuil de mortalité varie entre -12 et -16°C.

Exigences édaphiques

• sols alcalins à légèrement acides à texture moyenne et bien drainés mais produit peu sur des

sols sablonneux, pauvres et fortement acidifiés

• L'orge s'accommode très bien dans des terres légères, peu profondes, sur sous-sol calcaire

(ce qui justifie sa rusticité).

Variétés d’orge

Les variétés les plus utilisées depuis l’indépendance en Algérie sont Saida et Tichedrett, actuellement deux variétés améliorées sélectionnées par l’ITGC en l’occurrence Rihane 03 et ACSAD 176 commencent à prendre de l’ampleur à coté des deux variétés citées plus haut.

• L’orge noire a été essayée à différentes époques depuis le milieu du siècle dernier, mais vers les années 30, elle était très peu cultivée et ne se rencontrait déjà qu’en mélange avec l’orge carrée ;

• L’orge nue ou céleste (Chaïr ennebi), cultivée depuis longtemps, n’existe déjà en 1937 que dans quelques fermes de l’Ouest du pays ;

• Les orges à deux rangs (H.distichum L.) recherchées par la malterie ;

• L’orge Saïda (six rangs) et l’orge Tichedrett (six rangs) qui ont fait l’objet de sélection durant la période coloniale et qui se sont maintenues jusqu’à nos jours grâce à leur adaptation et à leur utilité (utilisation à double fin : pâturage et production de grain et de paille).

 Dans les Aurès, il existe certains cultivars de terroir à paille assez courte et épis assez grand.

Itinéraire technique de l’orge

• L’orge comme les blés exige un lit de semence assez motteux en surface et normalement rassis en profondeur. La séquence de travail de sol à recommander dépend de la nature de la culture

précédente.

• La profondeur de semis recommandée pour l’orge est comprise entre 3,5 et 5 cm.

• les meilleurs rendements et la meilleure qualité sont obtenus pour des orges semées précocement.

Il est recommandé ne pas rechercher une densité élevée, vu que l’orge a une forte capacité de tallage.

Le nombre de plantes/m2 visé doit être compris entre 300 et 400, et le nombre d’épis à la récolte entre 400 et 500.

• A titre d’exemple, prenons un semis d’orge où l’on vise 350 plantes/m2. Pour un poids de

1000 grains de 35 g, et un taux de germination de 90%, il faut semer 136 kg/ha.

Fertilisation

Place de l’orge dans la céréaliculture algérienne

L’orge occupe une place importante parmi les espèces fourragères. Par sa production en vert, en foin (en association avec d’autres espèces), en ensilage et par son grain et sa paille, l’orge est l’élément clé de toute la production fourragère en Algérie. Dans toutes les régions, du nord au sud, cette espèce reste l’une des plus importantes sinon la plus importante ressource fourragère.

Elles passent de 815 340 ha en 1982 à 900 000 ha en 2007. Malheureusement il y’a pas d’augmentation des rendements qui sont passés de 5,92 q/ha à environs 15 q/ha et qui est considéré comme un rendement faible.

En effet, malgré l’extension des superficies emblavées avec réduction de la jachère, la

mobilisation des ressources hydriques par l’irrigation d’appoint et l’apport technologique en matière de maitrise l‘itinéraire technique les rendements restent peu appréciables.

Il faut souligner que durant longtemps la pratique de cette culture occupait en grande partie des

espaces sans qu’ils aient adéquation avec leurs vocations naturelles. Cette pratique favorisait

beaucoup plus la dégradation des sols, particulièrement les zones fragiles agropastorales et steppiques.

Les fluctuations de la production annuelle peuvent être expliquées par les variations du milieu.

En effet, l’orge est cultivée en grande partie sous des climats semi-arides et arides des hauts plateaux de l’Est et l’Ouest algérien, les précipitations spatio-temporelles qui les caractérisent varient en moyenne entre 200 mm et 800 mm.

Utilisation

• L’orge, céréale secondaire, est une importante ressource énergétique en alimentation animale (orge de mouture) mais pauvre en protéines et demande à être complétée.

• En alimentation humaine, son principal débouché est la brasserie.

• l'orge était l'aliment de base des Grecs qui la consommaient sous la forme d'une galette (mazza).

Riz (Oryza sativa) :

Céréale de base pour plus de la moitié de la population mondiale. Il est unique car il est principalement cultivé en milieu inondé (rizière), ce qui permet de contrôler les adventices mais génère d'importantes émissions de méthane (GHG) (IPCC, 2019).

Avoine (Avena sativa) et Seigle (Secale cereale) :

Cultures plus marginales, utilisées en alimentation animale et pour certaines spécialités alimentaires (pain de seigle, flocons d'avoine).

AVOINE CULTIVEE

1. Généralités

• L’avoine est une plante annuelle, considérée comme céréale secondaire, rustique.

Céréale à paille cultivée dans les régions tempérées, utilisée en alimentation animale pour ses grains ou, mélangée le plus souvent à une légumineuse, comme fourrage.

Sa production a fortement reculé depuis la seconde guerre mondiale avec l’accroissement de la mécanisation en agriculture qui a contribué à la disparition des cheptels chevalins et de la demande d’avoine pour cet usage.

2- origine

L’avoine est originaire du nord-est de l’Europe (Autriche et Russie) et des plateaux de l’Éthiopie et de la Chine. Les variétés d'avoine cultivées appartiennent pour la plupart à la sous-espèce Avena sativa, qui dérive elle-même de l'espèce A. fatua. Mais on rencontre également, dans les régions méridionales, A. byzentina, dérivée de A. sterilis. L’espèce Avena sativa dont l’ancêtre sauvage est Avena fatua ou folle avoine.

3- Systématique de l’avoine

Nom latin : Avena sativa

Nom français : Avoine cultivée

Noms anglais : Oats, common oats, wild oats

Famille : Poacées (Graminées)

Les variétés d’avoines

Le genre Avena est représenté en Algérie par une douzaine d’espèces spontanées selon Quezelet Santa (1962) dont la plus connue est A.sterilis (ssp.macrocarpa et Ludoviciana).

L’avoine n’était pas cultivée avant 1830, les avoines cultivées à l’époque étaient au nombre de cinq :

L’avoine rouge d’Algérie, connue sous les noms d’avoine d’Algérie, d’Afrique, avoine tunisienne, avoine rouge d’Afrique, avoine d’Oran…Les essais d’amélioration entrepris en 1907, avaient montré qu’elle était un mélange de variétés et de formes fort.

 L’avoine noire d’Algérie, nommée aussi avoine noire de Perse, avoine noire, qui fut introduite comme la précédente vers 1850 en Algérie, en provenance d’Orient. Cette avoine, contrairement à la précédente, était localisée, à l’époque, seulement dans l’Oranie.

 L’avoine blanche ou avoine blanche de Tunisie, à grain plutôt jaunâtre, était peu répandue en Algérie, localisée dans l’ouest du pays et souvent en mélange avec l’avoine rouge.

 L’avoine grise d’Algérie, différente des précédentes par son grain grisâtre, souvent décoloré. Elle était rencontrée dans les avoines rouges.

Une autre avoine, plus récente, l’avoine Cowra (d’origine australienne) a fait l’objet d’une certaine sélection vers les années 50.

- Morphologie

 Les racines fasciculées abondantes

 la longueur des chaumes varie entre 50 et 200 cm.

 Les feuilles glabres ont une largeur variant entre 2 et 8 mm.

 L'inflorescence est une panicule très ramifiée d’une longueur de 12 à 20 cm aux rameaux inégaux et étalés en tous sens.

 Les épillets portent deux ou trois fleurs fertiles

 Les fleurs sont arrangées en épillets mesurant entre 16 et 24 mm de longueur à

 pédoncules barbus, retombants et protégés par deux glumes nervurées presque égales et dépassant

la fleur.

Le grain orge

Le grain est un caryopse velu, appelé amande, entouré de deux glumelles. 9 Ø Les glumelles n'adhèrent pas à l'amande, mais restent très fermées et ne s'ouvrent qu'au battage. 5- exigences Il existe des variétés d'hiver et de printemps. C’est une graminée annuelle, de jours longs, bien adaptée aux régions tempérées L’avoine peut germer dans le sol à une température aussi basse de 3 °C à -5 °C, le seuil de mortalité est de – 14°C.

L’avoine est plus susceptible de subir un échaudage lorsque la température est supérieure à 28 °C ou lorsqu’elle subit un stress hydrique au moment de la pollinisation ou du remplissage du grain. L’avoine s’adapte bien à plusieurs types de sols, mais préfère un sol argileux ou limoneux et un pH optimal à 6,2, bien qu’elle supporte des valeurs variant entre 5,8 et 7,0.

- cycle de développement

Le cycle de développement de l'avoine s'apparente à celui du blé et de l'orge. Conduite de la culture Ø Un grand nombre de rotations qui intègrent l’avoine Ø L’avoine peut très bien suivre une culture sarclée comme le maïs, une culture légumière Ø La culture de l'avoine grain est très semblable à celle de l'orge. Ø Le semis est précoce : de fin septembre à mi-octobre pour les variétés d'hiver et fin février à début mars pour les variétés de printemps. Ø La densité de peuplement est respectivement de 250 plants/m2 et de 300 à 350 plants/m2. Fertilisation L’avoine est la parmi les moins exigeante en éléments nutritifs des céréales à paille et tolère les sols plus pauvres. Par contre, son rendement et sa vigueur seront influencés par une fertilité du sol et un drainage adéquats. Pour un rendement en grains de 25 qx/ha, sont indiqués dans le tableau suivant :

Ravageurs et maladies

Les maladies sont les mêmes que celles des autres céréales à paille : septoriose, oïdium, charbon et rouilles, avec cependant des formes spécifiques pour ces dernières (Puccinia coronata avena et P. garminis avenae).

Les moyens de lutte sont également les mêmes, à base de traitement des semences, de fongicides en cours de végétation et de choix de variétés. L'avoine est aussi sensible, comme l'orge, à la jaunisse nanisante.

Utilisation

La valeur énergétique de l'avoine grain est de 0,8 UF (unité fourragère) ; sa teneur en protéines est de 10 à 11%. Pour l'avoine fourrage, la valeur énergétique d'un mélange avoine-vesce est d'environ 0,7 UF ; la teneur en protéines, qui dépend de la proportion de vesces, varie entre 13 et 15 %.

Son principal avantage réside dans son pouvoir excitant qui stimule le système nerveux, mis à

profit pour les animaux qui ont des efforts à fournir.

Maïs (Zea mays)

Maïs (Zea mays) : Originaire d'Amérique, c'est une plante à photosynthèse en C4, très efficace en conditions chaudes et ensoleillées. Son utilisation est triple :

Alimentation animale : Grains secs ou récolté en entier et conservé par fermentation anaérobie (ensilage de maïs, base de l'alimentation des vaches laitières).

Alimentation humaine : Farine, semoule, pop-corn, ou sous forme de amidon.

Industrie : Production de bioéthanol, d'amidon, de plastiques biodégradables.

 

Le maïs (Zea mays L.)

C’est une céréale d'origine américaine qui occupe une place unique dans l'agriculture mondiale. Avec une production dépassant le milliard de tonnes annuelles (FAOSTAT, 2021), il se classe au premier rang des céréales devant le riz et le blé. Son importance économique est considérable, tant pour l'alimentation humaine et animale que pour les bioindustries. Cette plante tropicale, devenue cosmopolite grâce à la génétique, présente une grande plasticité écologique mais reste exigeante en termes de conduite culturale.

le maïs (Zea mays L.) présente une importance cruciale dans l'agriculture mondiale. Selon les données les plus récentes de la FAO (2023), sa production dépasse 1.2 milliard de tonnes annuelles, ce qui en fait la céréale la plus produite devant le riz et le blé. Son rendement moyen mondial s'établit à 5.74 tonnes/hectare, avec des pics à 11.5 t/ha aux États-Unis (USDA, 2023).

1. Définition, Importance Économique et Historique

1.2. Importance économique mondiale

Production : Leader mondial avec environ 1,2 milliard de tonnes (2021), devant le blé et le riz.

Surfaces : Cultivé sur près de 200 millions d'hectares, des régions tropicales aux zones tempérées.

Principaux producteurs : États-Unis, Chine, Brésil, Argentine et Union européenne (France notamment).

Commerce : Le maïs est la céréale la plus échangée sur le marché mondial, avec des flux majeurs des Amériques vers l'Asie et l'Afrique.

Continent

Production (Mt)

Surface (Mha)

Rendement (t/ha)

Amériques

615

85

7.2

Asie

385

70

5.5

Europe

105

18

5.8

Afrique

95

25

3.8

1.3. Origine et domestication

Le maïs a été domestiqué il y a environ 9 000 ans au Mexique à partir d'une graminée sauvage, la téosinte (Zea mays ssp. parviglumis). Cette domestication, marquée par des mutations génétiques radicales (comme la suppression de la ramification), est un cas d'école en biologie évolutive (Doebley, 2004). Sa diffusion mondiale après les voyages de Christophe Colomb a été rapide.

1.4. Débouchés principaux

Alimentation animale (≈ 60% de l'usage mondial) : Pierre angulaire de l'alimentation des volailles, porcs et bovins.

Alimentation humaine : Directe (farines, semoules, épis) et transformée (sirop de glucose-fructose, amidon).

Bioindustries : Production de bioéthanol (notamment aux États-Unis et au Brésil), bioplastiques (acide polylactique).

Référence : Doebley, J. (2004). The genetics of maize evolution. Annual Review of Genetics, 38, 37-59.

2. Botanique, Morphologie et Génétique

2.1. Morphologie de la plante

Racines : Système racinaire fasciculé très développé, avec des racines adventives (racines d'ancrage) qui se forment au-dessus des premiers nœuds.

Tige : Caractérisée par une moelle tendre, pouvant atteindre 2 à 4 mètres de hauteur.

Feuilles : Grandes feuilles linéaires, disposées de façon alterne.

Inflorescences :

Mâle : La panicule (ou "pistolet") terminale produit des millions de grains de pollen.

Femelle : L'épi, inséré à l'aisselle d'une feuille, est entouré de spathes (futures "balles") et porte les soies, qui sont des stigmates très allongés. Chaque soie est connectée à un futur grain.

2.2. Biochimie du grain

Composition moyenne du grain à 15% d'humidité :

Composant

Pourcentage

Localisation

Amidon

72%

Endosperme

Protéines

9%

Endosperme (80%), Germe (20%)

Lipides

4%

Germe (85%)

Fibres

2.7%

Péricarpe

Minéraux

1.5%

Germe et aleurone

Source : Watson (1987), White & Weber (2003), et USDA (2019).

Réferences :

Watson, S. A. (1987). *Structure and Composition*. In Watson, S. A., & Ramstad, P. E. (Eds.), Corn: Chemistry and Technology (pp. 53-82). American Association of Cereal Chemists.

USDA Agricultural Research Service. (2019). *National Nutrient Database for Standard Reference*. Nutrient Data Laboratory. NDBN Number: 20017 (Corn grain, yellow).

White, P. J., & Weber, E. J. (2003). *Corn Lipids*. In White, P. J., & Johnson, L. A. (Eds.), Corn: Chemistry and Technology (2nd ed., pp. 355-405). AACC International.

Boyer, C. D., & Shannon, J. C. (2003). *Carbohydrates of the Kernel*. In White, P. J., & Johnson, L. A. (Eds.), Corn: Chemistry and Technology (2nd ed., pp. 289-311). AACC International.

Rausch, K. D., & Belyea, R. L. (2006). *Bioavailability of Phosphorus in Distillers Dried Grains with Solubles for Pigs*. Journal of Animal Science, 84(4), 1059-1066.

2.2. Anatomie du caryopse

Le grain de maïs est un caryopse dont la particularité est la taille importante du germe (≈ 12% du poids du grain contre 2-3% pour le blé).

Péricarpe : Enveloppe externe fibreuse.

Endosperme (albumen) : Tissu de réserve riche en amidon. Il peut être vitreux ou farineux.

Germe : Très riche en lipides (≈ 30%) et en protéines. C'est la source principale de l'huile de maïs.

2.3. Cycle de développement

Le cycle, qui dure de 90 à 150 jours selon les variétés, est divisé en stades repères :

Stade végétatif (V1 à Vn) : Émission des feuilles.

Stade reproducteur :

VT : Sortie de la panicule.

R1 : Floraison femelle (soies visibles). Stade critique : la sécheresse ou la chaleur à ce stade cause l'avortement des grains.

R2 à R6 : Stades de remplissage du grain. R6 correspond à la maturité physiologique (apparition du point noir à la base du grain).

3. Écologie et Exigences de la Culture

3.1. Exigences climatiques

Température : Plante de climat chaud. La germination nécessite un sol à > 10°C. La croissance est optimale entre 25°C et 30°C. Le maïs est très sensible au gel.

Photopériode : Le maïs est une plante de jours courts; la floraison est accélérée par des nuits longues. Les variétés tempérées sont sélectionnées pour être moins sensibles.

3.2. Exigences pédologiques

Le maïs préfère les sols profonds, bien drainés et fertiles. Il supporte mal les sols compacts ou asphyxiants. Le pH optimal se situe entre 5,5 et 7.

3.3. Besoins en eau

Les besoins sont élevés (500 à 800 mm selon le climat et la durée du cycle). La période la plus sensible au stress hydrique s'étend de deux semaines avant à deux semaines après la floraison (R1). Un déficit à ce stade impacte directement le nombre de grains par épi et le rendement final (Cakir, 2004).

Référence : Cakir, R. (2004). Effect of water stress at different development stages on vegetative and reproductive growth of corn. Field Crops Research, 89(1), 1-16.

4. Techniques Culturales et Itinéraire Technique

4.1. Installation de la culture

Préparation du sol : Un lit de semence fin et rappuyé est essentiel pour une levée régulière.

Date de semis : Dès que la température du sol est suffisante (mi-avril à mai dans l'hémisphère nord). Un semis trop précoce expose aux gelées.

Densité de semis : Variable selon la précocité de la variété et le potentiel de la parcelle. Elle varie généralement de 70 000 à 100 000 grains/ha.

4.2. Fertilisation

Azote (N) : C'est l'élément le plus important. Les besoins sont élevés (150 à 200 kg/ha). L'apport est souvent fractionné : un tiers au semis, deux tiers au stade "8-10 feuilles".

Phosphore (P) et Potassium (K) : Apports généralement effectués avant le semis, basés sur l'analyse de sol.

4.3. Irrigation

Cruciale dans les régions où la pluviométrie estivale est insuffisante. L'irrigation par aspersion ou goutte-à-goutte est privilégiée pour son efficience.

4.4. Protection intégrée des cultures

Mauvaises herbes : Très concurrençantes en début de cycle. Désherbage mécanique ou chimique en pré-levée ou post-levée précoce.

Maladies : La pyrale du maïs est un ravageur clé, dont les larves creusent des galeries dans la tige. La sésamie et la chrysomèle des racines sont également redoutées.

Ravageurs : La pyrale du maïs est un ravageur clé. La lutte intégrée associe rotation des cultures, recours aux variétés Bt (résistantes) et lâchers de trichogrammes (insectes parasitoïdes).

4.5. Récolte

Date : Pour le grain, la récolte intervient à maturité physiologique, lorsque l'humidité du grain est comprise entre 30% et 35%. Elle est souvent reportée (en attendant un temps sec) pour que le grain sège sur pied jusqu'à 25-20% d'humidité, réduisant les coûts de séchage.

Méthode : Récolte effectuée avec des moissonneuses-batteuses équipées de becs "maïs" spécifiques.

5. Rendements, Qualité et Valorisation

5.1. Rendements

Les rendements en grain varient considérablement :

Monde : Moyenne d'environ 5,7 t/ha (FAOSTAT, 2021).

Systèmes intensifs (France, États-Unis) : 10 à 12 t/ha, avec des records dépassant 15 t/ha.

Systèmes extensifs ou sous contraintes (Afrique subsaharienne) : souvent inférieurs à 2 t/ha.

5.2. Critères de qualité

Pour l'alimentation animale : Taux de matière sèche, poids spécifique (indice de remplissage), valeur énergétique.

Pour l'industrie : Teneur en amidon, composition de l'amidon (amylose/amylopectine), facilité de fractionnement.

5.3. Valorisation et marchés

Alimentation animale : Utilisation directe du grain ou des produits de transformation (drèches de brasserie, gluten feed).

Alimentation humaine : Maïs doux (consommation en épis), maïs à éclater (pop-corn), semoule de maïs (polenta, tortillas).

Industrie de l'amidonnerie : Production d'amidon natif ou modifié, de sirops de glucose, de dextrose et de bioéthanol.

 

Conclusion

Le maïs est une culture aux multiples facettes, à la fois pilier de la sécurité alimentaire mondiale et matière première renouvelable pour la bioéconomie. Son succès repose sur un potentiel génétique élevé, mais une conduite culturale exigeante. Les défis futurs pour cette culture concernent l'adaptation au changement climatique (stress hydrique et thermique), l'optimisation de l'utilisation des intrants (engrais, eau) et le développement de variétés répondant à des besoins spécifiques (nutrition, industrie).

 

 

 

 

 


Modifié le: vendredi 14 novembre 2025, 23:30