Chapitre 2 : Les cultures maraîchères 

2.1. Zones de production et type de cultures.

2.2. Conditions naturelles et aménagements en cultures maraîchères

2.3. Multiplication et production des espèces maraîchères.

2.4. Plantation et mode de conduite.

2.1. Zones de production et type de cultures.

Chapitre 2 : Les Cultures Maraîchères

Introduction

Les cultures maraîchères regroupent l’ensemble des légumes cultivés dans les jardins potagers et exploitations commerciales. Elles jouent un rôle essentiel dans l’alimentation humaine et l’économie agricole.

2.1. Zones de production et types de cultures

L’Algérie dispose d’un territoire de 2,38 millions de km², mais seulement 3 % de la superficie est cultivable en raison des contraintes climatiques. Les superficies maraîchères sont passées de 85 000 hectares à environ 470 000 hectares en 40 ans Agronomie, témoignant d’un développement remarquable malgré les contraintes hydriques.

Contexte climatique :

•Zone tellienne (Nord) : climat méditerranéen, pluviométrie 400-1200 mm/an

•Hauts plateaux : climat continental semi-aride, pluviométrie 200-400 mm/an

•Sahara : climat désertique, pluviométrie < 100 mm/an

. 2.1. 1 Zones de production

A. Région nord - zone littorale et sublittorale

1. La Mitidja - Cœur Maraîcher National

Localisation et caractéristiques :

•Plaine alluviale entre Alger, Blida, Tipaza et Boumerdès

•Superficie : environ 140 000 ha

•Altitude : 0-200 m

•Sols : alluviaux, fertiles, limoneux à limono-argileux

•Pluviométrie : 600-800 mm/an

•Irrigation : barrages (Boukourdane, Keddara, Bouroumi)

Cultures dominantes :

•Tomate, piment, poivron et pomme de terre Agronomie

•Cultures complémentaires : aubergine, courgette, salade, persil, coriandre

•Arboriculture fruitière associée (agrumes, vigne)

Systèmes de production :

•Polyculture maraîchère intensive

•2 à 3 cycles de cultures par an

•Irrigation gravitaire et aspersion dominantes

•Goutte-à-goutte en développement sous serres

•Serres multi-chapelles et tunnels pour cultures précoces

Production spécifique par wilaya :

Blida:

•Concentre 38 % de la production nationale d’agrumes Wikipédia

•Tomate industrielle et de consommation

•Piment et poivron (variétés locales et hybrides)

•Production de plants en pépinières professionnelles

Alger :

•Maraîchage périurbain intensif

•Cultures de feuilles (salade, persil, menthe)

•Approvisionnement des marchés urbains

•Réduction des surfaces due à l’urbanisation

Tipaza :

•Production côtière de primeurs

•Pomme de terre de saison et primeur

•Cultures sous serres en développement

Boumerdès :

•Tomate, piment, courgette

•Cultures de plein champ dominantes

•Développement de l’agriculture biologique

2. Vallée du Chelif - Grenier Maraîcher de l’Ouest

Caractéristiques :

•Plus grande plaine agricole d’Algérie : 45 000 ha irrigués

•Barrage de Ghrib : irrigation de 30 000 ha

•Sols alluviaux profonds et fertiles

•Climat méditerranéen chaud, été sec

•Pluviométrie : 300-500 mm/an

Wilaya de Chlef :

•Spécialisée dans la tomate, melon et pastèque Agronomie

•Production de 1,7 million de quintaux d’agrumes Wikipédia

•Tomate industrielle : contrats avec conserveries locales

•Melon et pastèque : production estivale importante (juin-septembre)

•Pomme de terre : 3 saisons (primeur, saison, arrière-saison)

•Oignon : culture extensive en plein champ

Systèmes de production :

•Grandes exploitations (10-50 ha)

•Mécanisation développée

•Irrigation gravitaire traditionnelle + aspersion

•Assolement : tomate industrielle/céréales/maraîchage

3. Région de Mostaganem - Zone Côtière Productive

Caractéristiques :

•Plaines côtières et vallées intérieures

•Production de 1,5 million de quintaux d’agrumes Wikipédia

•Cultures de tomate et piment Agronomie

•Irrigation : barrages et fourrages

•Climat côtier favorable

Productions spécifiques :

•Pomme de terre : 15 000 ha, 3 saisons

•Tomate : plein champ et sous abri

•Piment fort (variété locale « Karrousa »)

•Oignon : production importante

•Cultures de primeurs pour marché d’Oran

Organisation:

•Coopératives de producteurs actives

•Circuits courts vers Oran et Alger

•Chambres froides développées

4. Plaine de la Tafna (Tlemcen) - Frontière Ouest

Caractéristiques :

•Vallée fertile de l’Oued Tafna

•Superficie irriguée : 8 000 ha

•Cultures de tomate, piment et poivron Agronomie

•Climat méditerranéen continental

•Barrages : Béni Bahdel, Hammam Boughrara

Productions:

•Tomate : variétés de transformation et fraîches

•Piment et poivron : culture traditionnelle

•Pomme de terre primeur

•Artichauts dans les zones côtières

•Cultures maraîchères sous serres en croissance

Particularités :

•Proximité du Maroc : échanges commerciaux

•Variétés locales préservées

•Agriculture familiale dominante (2-5 ha)

5. Plaine de Jijel - Production Nord-Est

Caractéristiques :

•Plaine côtière étroite

•Pluviométrie élevée : 800-1200 mm/an

•Cultures de tomate, piment et aubergine Agronomie

•Sols fertiles mais problèmes de drainage

Productions spécifiques :

•Solanacées dominantes (climat favorable)

•Aubergine : production importante

•Cultures sous serres en développement

•Pépinières de plants maraîchers

6. Autres zones du Nord

Annaba et El-Tarf :

•Production maraîchère diversifiée

•Tomate, pomme de terre, cultures de feuilles

•Maraîchage périurbain

Skikda et Collo :

•Production côtière

•Primeurs et cultures de saison

Oran (plaines intérieures) :

•Maraîchage périurbain intensif

•Approvisionnement du grand Oran

Béjaïa :

•Vallées intérieures productives

•Cultures en terrasses

B. Hauts plateaux - zone semi-aride

1. Région de Sétif

Caractéristiques :

•Altitude : 1 000-1 400 m

•Climat continental froid en hiver

•Pluviométrie : 300-400 mm/an (irrégulière)

•Sols argilo-limoneux profonds

•Irrigation : fourrages et petits barrages

Productions maraîchères :

•Pomme de terre : culture principale de conservation

oSuperficie : 8 000-10 000 ha

oVariétés : Spunta, Désirée, Condor

oStockage en chambres froides

oApprovisionnement national octobre-mars

•Cultures de saison fraîche :

oCarotte : culture extensive

oNavet et radis

oChou pommé et chou-fleur

oOignon de conservation

Systèmes de production :

•Rotation céréales/pomme de terre/jachère

•Irrigation par aspersion (couverture intégrale)

•Mécanisation importante

•Exploitations moyennes (10-30 ha)

2. Région de M’sila et Bordj Bou Arreridj

Caractéristiques :

•Altitude : 400-900 m

•Climat semi-aride

•Irrigation : barrages (K’sob, Ain Zada, Ksob)

Productions:

•Pomme de terre de conservation

•Oignon : culture extensive (2 000-3 000 ha)

•Tomate de plein champ

•Carotte et betterave

Organisation:

•Stockage collectif en chambres froides

•Approvisionnement des wilayas du Centre

3. Autres zones des Hauts Plateaux

Tiaret :

•Pomme de terre, oignon

•Maraîchage limité par contrainte hydrique

Batna:

•Cultures de montagne

•Pomme de terre de qualité

•Légumes secs (haricot sec, fève)

Djelfa:

•Maraîchage en développement

•Irrigation par fourrages

•Pomme de terre, oignon

C. RÉGIONS DU SUD - AGRICULTURE SAHARIENNE

1. El-Oued (Souf) - Capitale de la Pomme de Terre

Contexte exceptionnel : El-Oued est devenue en 20 ans la première région maraîchère d’Algérie grâce à :

•Exploitation intensive des nappes phréatiques (Albien, Complexe Terminal)

•Irrigation par pivots centraux et goutte-à-goutte

•Modernisation rapide des exploitations

•Climat favorable (températures, ensoleillement)

Données de production impressionnantes :

Pomme de terre :

•Production de 12,14 millions de quintaux sur 37 000 hectares en 2019 Agronomie

•Plus de 30 % de la production nationale

•3 campagnes annuelles :

oCampagne d’automne : septembre-décembre

oCampagne d’hiver : décembre-avril

oCampagne de printemps : février-juin

•Variétés dominantes : Spunta, Désirée, Safrane

•Rendements élevés : 300-400 qx/ha

•Systèmes d’irrigation modernes (pivots, goutte-à-goutte)

Autres cultures :

•Tomate : 2 398 millions de quintaux sur 3 397 hectares Agronomie

•Carotte : 153 330 quintaux sur 696 hectares Agronomie

•Oignon : production massive (estimée à 500 000 tonnes/an)

oVariétés rouges et blanches

oExportation vers l’Afrique subsaharienne

•Ail : culture de rente importante

oVariété locale « rose d’El-Oued »

oExportation régionale

•Cultures sous serres :

oTomate cerise

oPoivron

oConcombre

oMelon sous abri

Organisation de la filière :

•Exploitations modernes (20-100 ha)

•Coopératives actives (CCLS - Coopérative des Céréales et Légumes Secs)

•Chambres froides : capacité de 200 000 tonnes

•Transport réfrigéré vers le Nord

•Approvisionnement national toute l’année

•Marchés de gros modernes

Techniques culturales :

•Irrigation : pivots centraux sur 60-80 ha, goutte-à-goutte sous plastique

•Fertigation : injection d’engrais solubles

•Plasticulture : paillage plastique généralisé

•Protection phytosanitaire : traitements réguliers

•Mécanisation complète : plantation, traitement, récolte

Défis spécifiques :

•Baisse des nappes phréatiques (surexploitation)

•Salinisation progressive des sols

•Coût énergétique de pompage élevé

•Gestion durable de l’eau impérative

2. Biskra - Porte du Sahara

Caractéristiques :

•Altitude : 100-200 m

•Températures élevées : 20-45°C

•Production céréalière importante dans le sud avec de bons rendements Equipe France Export

•Oasis traditionnelles + périmètres modernes

Productions maraîchères :

Cultures de primeurs :

•Tomate primeur : décembre-avril

oSous serres et tunnels

oDestination : marchés du Nord (janvier-mars)

oPrix élevés en début de saison

•Poivron et piment : production précoce

•Courgette : culture d’hiver sous abri

•Melon et pastèque : production précoce (avril-mai)

Cultures de plein champ :

•Pomme de terre : saisons automne et printemps

•Oignon : culture extensive

•Carotte : production hivernale

Cultures sous serres :

•Développement rapide (1 500-2 000 ha)

•Serres multi-chapelles modernes

•Tomate, poivron, concombre

•Production hors-saison

Irrigation:

•Oasis : eau de sources et foggaras (traditionnel)

•Périmètres modernes : fourrages + goutte-à-goutte

•Pivots centraux en expansion

Organisation:

•Petites exploitations oasiennes (1-3 ha)

•Exploitations modernes (10-50 ha)

•Marchés de gros : expédition vers le Nord

3. Adrar - Agriculture Saharienne en Mutation

Contexte :

•Oasis traditionnelles séculaires

•Développement de projets agricoles gigantesques incluant la production maraîchère sous serres TRT Global

•Cultures de tomate et melon dans les oasis Agronomie

Productions traditionnelles :

•Maraîchage en étages sous palmiers dattiers

•Tomate, piment, oignon, carottes

•Cultures de subsistance

Projets modernes :

•Grands périmètres irrigués (Timimoun, Aoulef)

•Production sous serres en développement

•Cultures fourragères pour élevage

Particularités :

•Agriculture biologique naturelle (peu d’intrants)

•Variétés locales adaptées

•Systèmes agroforestiers (palmier/maraîchage)

4. Ouargla - Oasis de l’Est Saharien

Caractéristiques :

•Oasis traditionnelles (Ouargla, N’Goussa, Rouissat)

•Agriculture ancestrale

•Irrigation par foggaras et puits artésiens

Productions:

•Maraîchage oasien limité

•Tomate, oignon, courge locale

•Cultures sous palmiers dattiers

•Production pour autoconsommation et marchés locaux

Développements récents :

•Périmètres agricoles modernes (Hassi Ben Abdellah)

•Cultures sous pivots

•Pomme de terre en développement

5. Ghardaïa - Oasis du M’Zab

Système traditionnel unique :

•Jardins en gradins (ghouts)

•Irrigation par puits et séguias

•Agriculture écologique traditionnelle

Productions:

•Maraîchage diversifié sous palmiers

•Tomate, piment, oignon

•Variétés locales rustiques

•Production biologique de fait

Innovations:

•Développement de serres modernes

•Cultures hors-sol expérimentales

•Production de semences maraîchères

6. Tamanrasset et Extrême Sud

Productions limitées :

•Maraîchage de subsistance

•Jardins familiaux

•Approvisionnement du Nord dominant

B. Types de cultures maraîchères

  • Classification

Classification selon l’organe consommé :

Légumes-feuilles : salade, épinard, chou, persil

Légumes-fruits : tomate, poivron, aubergine, courgette, melon

Légumes-racines : carotte, navet, radis, betterave

Légumes-bulbes : oignon, ail, échalote

Légumes-tubercules : pomme de terre

Légumes-grains : haricot, pois, fève

Classification selon la famille botanique :

Solanacées : tomate, poivron, aubergine, pomme de terre

Cucurbitacées : courgette, melon, pastèque, concombre

Légumineuses : haricot, pois, fève

Crucifères : chou, navet, radis

Liliacées : oignon, ail, poireau

  • Types de cultures - analyse détaillée par espèce

A. Pomme de terre - culture stratégique nationale

Importance économique :

•Première culture maraîchère en superficie et production

•Superficie : 140 000-160 000 ha

•Production : 40,9 millions de quintaux en 2023, avec une croissance de 6,23 % par rapport à 2022 Algérie Eco

•Consommation : 110-120 kg/habitant/an

Zones de production par ordre d’importance :

1.El-Oued : 37 000 ha, 12 millions qx (30 % national)

2.Mascara : 10 000-12 000 ha

3.Mostaganem : 12 000-15 000 ha

4.Aïn Defla : 8 000-10 000 ha

5.Sétif : 8 000-10 000 ha

6.Tipaza : 6 000-8 000 ha

7.Blida : 5 000-6 000 ha

Calendrier culturel :

Saison d’automne (arrière-saison) :

•Plantation : août-septembre

•Récolte : novembre-janvier

•Zones : El-Oued, Mostaganem, Mascara

•Destination : consommation directe

Saison d’hiver (primeur) :

•Plantation : novembre-janvier

•Récolte : mars-mai

•Zones : Sud (El-Oued, Biskra), littoral

•Prix élevés début de saison

Saison de printemps (conservation) :

•Plantation : février-mars

•Récolte : juin-août

•Zones : Hauts Plateaux (Sétif), El-Oued

•Stockage en chambres froides

•Approvisionnement septembre-février

Variétés cultivées :

•Spunta : 60-70 % des superficies, précoce, rendement élevé

•Désirée : conservation, chair jaune

•Condor : résistante, chair ferme

•Safrane : précoce, rendement moyen

•Bartina : nouvellement introduite

•Famosa : en développement

Techniques culturales :

•Buttage obligatoire

•Irrigation : aspersion (couverture intégrale)

•Fertilisation : 150-200 unités N, 100-150 P, 150-200 K

•Protection : mildiou, alternariose, doryphore

Rendements moyens :

•El-Oued : 300-400 qx/ha (irrigué, moderne)

•Hauts Plateaux : 250-350 qx/ha

•Plaines du Nord : 250-300 qx/ha

Problématiques :

•Maladies virales (enroulement, mosaïque)

•Qualité des semences (importation vs production locale)

•Stockage insuffisant (pertes post-récolte 15-20 %)

•Fluctuations de prix importantes

B. TOMATE - Culture Diversifiée

Importance:

•Deuxième culture maraîchère

•Production : 8-9 millions de quintaux

•Consommation : 40-50 kg/habitant/an

•La production de tomate industrielle a marqué une légère croissance de 0,10 % en 2023 Algérie Eco

Deux filières distinctes :

1. Tomate fraîche de consommation

Zones principales :

•Mitidja (Blida, Tipaza, Boumerdès)

•Chlef

•El-Oued

•Mostaganem

•Biskra (primeurs)

Systèmes de culture :

Plein champ (saison) :

•Plantation : avril-mai

•Récolte : juillet-octobre

•Variétés : Marmande, Saint-Pierre, hybrides F1

•Tuteurage obligatoire

•Rendement : 400-600 qx/ha

Sous serres (hors-saison) :

•Cycle automne-hiver : septembre-février

•Cycle hiver-printemps : décembre-mai

•Variétés : hybrides indéterminées (longue production)

•Tuteurage vertical sur ficelle

•Taille à 1 ou 2 tiges

•Rendement : 800-1500 qx/ha

•Prix élevés hors-saison

Primeurs (Sud) :

•Biskra, El-Oued : décembre-avril

•Tunnels et petites serres

•Approvisionnement du Nord hiver-printemps

2. Tomate industrielle (transformation)

Zones de concentration :

•Chlef : 2 000-3 000 ha

•Blida : 1 500-2 000 ha

•Mostaganem : 1 000-1 500 ha

•Guelma : 800-1 000 ha

Système contractuel :

•Contrats avec conserveries (Amor Benamor, Le Khedim, etc.)

•Prix fixé avant plantation

•Livraison échelonnée (juillet-septembre)

•Variétés : Rio Grande, Hypeel 108, hybrides

Technique:

•Plantation : mars-avril (plantes)

•Semis direct possible

•Irrigation : aspersion ou goutte-à-goutte

•Mécanisation de la récolte (en développement)

•Rendement : 500-700 qx/ha

Transformation:

•Concentré de tomate (double, triple)

•Conserves de tomate pelée

•Ketchup et sauces

Maladies principales :

•Mildiou (Phytophthora infestans)

•Alternariose (Alternaria solani)

•Fusariose vasculaire

•Virus (mosaïque, enroulement)

C. OIGNON - Culture Traditionnelle Majeure

Production:

•Superficie : 25 000-30 000 ha

•Production : 10-12 millions de quintaux

•Consommation : 20-25 kg/habitant/an

Zones principales :

•El-Oued : production massive (40-50 % nationale)

•Mascara : culture traditionnelle importante

•Chlef, Mostaganem

•Sétif, M’sila (conservation)

Types d’oignon :

Oignon de saison (frais) :

•Semis : octobre-novembre

•Récolte : avril-juin

•Consommation immédiate

•Zones : Mitidja, Chlef

Oignon de conservation :

•Semis : décembre-février

•Récolte : juillet-septembre

•Séchage et stockage

•Zones : El-Oued, Mascara, Sétif

Oignon rouge :

•Variété locale très appréciée

•Saveur forte

•Conservation moyenne

Techniques techniques :

•Semis en pépinière puis repiquage

•Semis direct en développement (semoirs de précision)

•Irrigation : gravitaire, aspersion, goutte-à-goutte

•Fertilisation modérée (excès = verse)

•Rendement : 300-500 qx/ha

Conservation:

•Séchage au champ (15-20 jours)

•Stockage en bottes ou vrac

•Chambres froides (prolongation)

•Pertes : 20-30 % (pourritures, germination)

Commerce:

•Exportation vers l’Afrique (Niger, Mali, Sénégal)

•Prix fluctuants (offre/demande)

D. AIL - Production Saharienne

Zones de production :

•El-Oued : production dominante (80 %)

•Adrar : production traditionnelle

•Laghouat : en développement

Variétés :

•Ail rose d’El-Oued : qualité supérieure

•Ail blanc : rendement plus élevé

Technique:

•Multiplication végétative (caïeux)

•Plantation : octobre-novembre

•Récolte : mai-juin

•Séchage obligatoire

•Rendement : 60-100 qx/ha

Valorisation :

•Consommation locale

•Exportation régionale

•Transformation (ail semoule)

E. CAROTTE - Culture en Expansion

Zones principales :

•El-Oued : production de 153 330 quintaux sur 696 hectares Agronomie

•Sétif, M’sila

•Mascara

•Mitidja

Types de production :

Carotte primeur :

•Semis : août-septembre

•Récolte : novembre-janvier

•Vente en bottes avec fanes

Carotte de saison :

•Semis : février-avril

•Récolte : juin-août

•Vente en vrac

Carotte de conservation :

•Semis : juillet-août

•Récolte : novembre-décembre

•Stockage en chambres froides

Variétés :

•Nantaise : cylindrique, sucrée

•Touchon : précoce

•Hybrides F1 : rendement, uniformité

Technique:

•Semis direct au semoir de précision

•Éclaircissage manuel ou chimique

•Irrigation régulière (fissuration)

•Rendement : 300-500 qx/ha

F. PIMENT ET POIVRON - Cultures Emblématiques

Zones de prédilection :

•Mitidja : cultures de piment et poivron Agronomie

•Mostaganem : piment « Karrousa »

•Chlef

•Tlemcen : production traditionnelle Agronomie

Types:

Fort de Piment :

•Variétés locales : Karrousa (Mostaganem), long d’Alger

•Consommation fraîche et séchée (harissa)

•Culture traditionnelle importante

Piment doux :

•Variétés coniques douces

•Consommation fraîche (salade)

Poivron :

•Hybrides F1 (carrés, allongés)

•Plein champ et sous serres

•Couleurs : vert, rouge, jaune

Technique:

•Plants en pépinière (60-70 jours)

•Transplantation : avril-mai (plein champ)

•Tuteurage souhaitable

•Irrigation localisée recommandée

•Récolte échelonnée : juillet-novembre

•Rendement : 300-500 qx/ha (plein champ), 800-1200 qx/ha (serres)

Transformation:

•Harissa industrielle

•Piment séché en poudre

•Conserves au vinaigre

G. AUBERGINE - Culture Méditerranéenne

Zones d’activité :

•Jijel : production importante Agronomie

•Mitidja

•Zones côtières

Variétés :

•Violette longue (traditionnelle)

•Violette de Barbentane

•Hybrides F1

Culture:

•Exigences similaires à la tomate

•Chaleur et humidité requises

•Récolte : juillet-octobre

•Rendement : 300-450 qx/ha

H. CUCURBITACÉES - Cultures d’été

Melon et Pastèque

Zones d’activité :

•Chlef : production importante de melon et pastèque Agronomie

•Adrar : culture de melon dans les oasis Agronomie

•El-Oued

•Mostaganem

Melon:

•Variétés : Cantaloup, Charentais, hybrides

•Culture de plein champ

•Irrigation par sillons ou goutte-à-goutte

•Taille recommandée (2-3 fruits/pied)

•Récolte : juin-septembre

•Rendement : 250-400 qx/ha

Pastèque :

•Variétés : Sugar Baby, Crimson Sweet

•Une culture vaste

•Faibles exigences en eau (racines profondes)

•Récolte : juillet-septembre

•Rendement : 300-600 qx/ha

Courgette

Production:

•Plein champ : avril-septembre

•Sous serres : octobre-mai (Sud)

•Variétés : hybrides verts ou jaunes

Technique:

•Semis direct ou plantes

•Irrigation goutte-à-goutte

•Récolte quotidienne (jeunes fruits)

•Rendement : 300-500 qx/ha

I. LÉGUMES-FEUILLES

Salade (Laitue)

Production:

•Maraîchage périurbain (Alger, Oran, Constantine)

•Production toute l’année

•Sous serres en hiver

Types:

•Laitue pommée (Batavia, Iceberg)

•Laitue romaine

•Feuille de chêne

Technique:

•Pépinière puis repiquage

•Pistes cyclables (40-60 jours)

•Irrigation fréquente

•6-8 cycles/an possibles

Persil, Coriandre, Menthe

Production:

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Forte demande urbaine

•Production périurbaine intensive

•Cultures associées

Technique:

•Semis direct en lignes serrées

•Arrosages fréquents

•Récoltes multiples (coupes successives)

•Vente en bottes

J. AUTRES CULTURES IMPORTANTES

Haricot Vert

Zones d’activité :

•Mitidja, Chlef

•Hauts Plateaux (haricot sec)

Types:

•Haricot nain : mécanisation possible

•Haricot à rames : rendement supérieur, tuteurage

Production:

•Semis : mars-juillet (échelonné)

•Récolte manuelle (gousses tendres)

•Rendement : 80-120 qx/ha

Navet et Radis

Production:

•Cultures de saison fraîche

•Zones des Hauts Plateaux

•Pistes cyclables (30-60 jours)

Utilisation:

•Consommation fraîche

•Transformation (cornichons au vinaigre)

Chou (pommé, fleur, brocoli)

Zones d’activité :

•Sétif, Blida

•Régions d’altitude

Production:

•Culture d’automne-hiver-printemps

•Plants en pépinière

•Récolte échelonnée

•Rendement : 400-600 qx/ha

Betterave Potagère

Production limitée :

•Consommation en salade

•Culture de saison fraîche

•Zones des Hauts Plateaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.2. Conditions naturelles et aménagements en cultures maraîchères

A. Exigences climatiques

1. Température

Espèces de saison fraîche : 15-20°C (salade, épinard, chou)

Espèces de saison chaude : 20-30°C (tomate, poivron, melon)

Risque de gel pour la plupart des espèces maraîchères

2. L’eau

Besoins importants et réguliers

Sensibilité au stress hydrique

Irrigation indispensable dans les régions arides

3. Lumière

Photopériode influence la floraison et la tubérisation

Intensité lumineuse importante pour la qualité des fruits

B. Exigences édaphiques

Sol idéal :

Texture : sols limoneux ou limono-sableux

Structure : bonne aération, bon drainage

pH : légèrement acide à neutre (6-7)

Richesse en matière organique

Profondeur suffisante (30-60 cm minimum)

C. Aménagements nécessaires

1. Travail du sol

Travail profond (25-40 cm)

Plusieurs façons superficielles

Formation de planches ou billons

Amélioration de la structure par apport de fumier

2. L’irrigation

Irrigation gravitaire : à la raie, par planches

Irrigation par aspersion : adaptée aux grandes surfaces

Irrigation localisée : goutte-à-goutte (économie d’eau, meilleur rendement)

3. Drainage

Indispensable dans les zones à nappe phréatique élevée

Évite l’asphyxie racinaire et les maladies cryptogamiques

4. Protection

Brise-vents : protection contre le vent

Serres et tunnels : protection contre le froid, extension de la saison

Paillage : conservation de l’humidité, contrôle des adventices

2.3. Multiplication et production des espèces maraîchères

A. Modes de multiplication

1. Multiplication sexuée (par graines)

Mode le plus courant

Semis direct ou en pépinière

Exemples : tomate, salade, carotte, haricot

2. Multiplication végétative

Par bulbes : oignon, ail

Par tubercules : pomme de terre

Par stolons : fraisier

Par bouturage : patate douce

B. Production de plants en pépinière

Avantages :

Économie de semences

Meilleur contrôle des conditions de germination

Sélection des meilleurs plants

Gain de temps sur la parcelle définitive

Techniques techniques :

Pépinière traditionnelle

Planches surélevées

Semis en lignes ou à la volée

Protection par paillage ou voile

Pépinière moderne

Mottes : substrat compressé

Plateaux alvéolés : plastique ou polystyrène

Godets individuels : repiquage facilité

Conditions de réussite :

Substrat léger et fertile

Arrosages réguliers et fins

Protection contre les intempéries

Durcissement des plants avant transplantation

C. Semi-direct

Utilisé pour les espèces à développement rapide

Espèces supportant mal le repiquage : carotte, radis, navet

Semis en lignes pour faciliter l’entretien

Densité de semis calculée selon l’espèce

2.4. Plantation et mode de conduite

A. Préparation de la plantation

1. Choix de la parcelle

Rotation des cultures (éviter les précédents de même famille)

Sol bien préparé et fertilisé

Accès à l’irrigation

2. Fertilisation de fond

Fumure organique : 20-40 tonnes/ha de fumier bien décomposé

Fumure minérale : selon analyse de sol

Azote (N) : 80-150 kg/ha

Phosphore (P₂O₅) : 60-100 kg/ha

Potassium (K₂O) : 100-150 kg/ha

B. Techniques de plantation

1. Transplantation

Âge des plants : variable selon l’espèce (20-40 jours)

Période : éviter les heures chaudes

Densité : fonction de l’espèce et du mode de culture

Exemples de densités :

Tomate : 20 000-40 000 pieds/ha

Salade : 80 000-120 000 pieds/ha

Chou : 25 000-35 000 plants/ha

2. Disposition des plants

En lignes simples : cultures à grand développement

En lignes jumelées : optimisation de l’espace

En quinconce : meilleure utilisation de la surface

C. Modes de conduite

1. L’irrigation

Fréquence selon stade de développement

Besoins maximaux à la floraison et fructification

Éviter les variations brutales d’humidité

2. Fertilisation d’entretien

Apports fractionnés d’azote

Fertigation en irrigation localisée

Correction selon les besoins de la plante

Entretien de la culture

Définitions des techniques culturales

1. BINAGE

C’est casser la croûte du sol autour des plantes avec un outil (binette) pour l’ameublir et enlever les mauvaises herbes.

Définition scientifique : Opération culturale consistant en un travail superficiel du sol (0-5 cm de profondeur) ayant pour objectifs l’ameublissement de la couche arable, la destruction des adventices au stade jeune, la limitation de l’évaporation par rupture de la capillarité et l’amélioration de l’aération du sol.

2. CULBUTE

Définition simple : Ramener de la terre autour du pied des plantes pour former une petite butte.

Définition scientifique : Technique culturale consistant à accumuler de la terre meuble au collet de la plante, favorisant l’émission de racines adventives, le blanchiment de certains organes (poireaux, asperges), la stabilité de la plante et le drainage de l’eau d’irrigation ou de pluie.

3. TAILLE

Définition simple : Couper certaines parties de la plante (branches, feuilles, bourgeons) pour améliorer sa production.

Définition scientifique : Intervention consistant en l’ablation sélective d’organes végétatifs (rameaux, feuilles) ou reproducteurs dans le but d’orienter le développement de la plante, d’optimiser la photosynthèse, d’améliorer le calibre et la qualité des fruits, et de faciliter l’aération et la pénétration de la lumière au sein du couvert végétal.

4. TUTEURAGE

Définition simple : Mettre un support (tuteur, piquet) à côté d’une plante pour qu’elle pousse droite.

Définition scientifique : Mise en place d’un support vertical rigide (généralement en bois, bambou ou métal) destiné à maintenir la tige principale d’une plante dans une position verticale, évitant la verse, facilitant le port érigé et permettant un meilleur éclairement des organes végétatifs et reproducteurs.

5. PALISSAGE

Définition simple : Attacher et guider les plantes sur un support (fils, grillage, treillage) pour les faire grimper de façon ordonnée.

Définition scientifique : Technique consistant à fixer et à conduire les tiges ou rameaux d’une plante sur une structure de soutien (fils tendus, grillages, treillages) selon un plan défini, permettant d’optimiser l’exposition lumineuse, de faciliter les interventions culturales, d’améliorer la circulation de l’air et de limiter les maladies cryptogamiques.

 

a) Travail du sol

Binages réguliers (aération, élimination des adventices)

Buttage pour certaines espèces (pomme de terre, haricot)

b) Taille et tuteurage

Tomate : taille de formation, suppression des gourmands, tuteurage

Melon : taille pour favoriser la fructification

Concombre : taille selon le mode de conduite

c) Palissage

Indispensable pour cultures grimpantes

Améliore l’aération et l’ensoleillement

Facilite la récolte

4. Protection phytosanitaire

a) Principales maladies

Maladies cryptogamiques : mildiou, oïdium, fusariose

Maladies bactériennes : flétrissement bactérien

Maladies virales : mosaïque, jaunisse

b) Principaux ravageurs

Pucerons, aleurodes, thrips

Nématodes

Chenilles (noctuelles, mineuses)

c) Méthodes de lutte

Préventive : rotation, variétés résistantes, plants sains

Culturale : élimination des organes malades, désherbage

Chimique : traitements raisonnés en respectant les DAR

Biologique : auxiliaires, biopesticides

5. Récolte

Critères de récolte :

Stade de maturité approprié

Calibre commercial

Absence de défauts

Organisation:

Récoltes échelonnées pour légumes-feuilles et légumes-fruits

Récolte unique pour légumes-racines et bulbes

Conditionnement immédiat pour conserver la qualité

Conclusion

La réussite des cultures maraîchères repose sur la maîtrise de plusieurs facteurs : choix des zones adaptées, respect des exigences des plantes, production de plants de qualité et conduite technique rigoureuse. L’intensification et la protection de l’environnement orientent aujourd’hui vers des pratiques durables intégrant économie d’eau, réduction des intrants chimiques et valorisation de la biodiversité.

Points clés à retenir

✓ Les cultures maraîchères sont diversifiées et exigeantes en eau et nutriments ✓ Les aménagements (irrigation, serres) permettent d’optimiser la production ✓ La pépinière assure une production de plants de qualité ✓ La conduite technique doit être adaptée à chaque espèce ✓ La protection intégrée limite l’impact environnemental

Données récentes :

En 2023, la production maraîchère a atteint 156 millions de quintaux, dont 42 millions de quintaux de pommes de terre 

En 2023, la production maraîchère s’est établie à 132,2 millions de quintaux contre 135,7 millions en 2022, soit une baisse de 2,51 % 

La production de pommes de terre a enregistré une croissance de 6,23 %, passant de 38,5 millions de quintaux en 2022 à 40,9 millions en 2023 

Conclusion

L’Algérie dispose de zones de production maraîchère diversifiées allant des plaines fertiles du Nord aux oasis sahariennes. La pomme de terre, la tomate et l’oignon constituent les principales cultures. Le développement spectaculaire de l’agriculture saharienne, notamment à El-Oued, a transformé la géographie de la production maraîchère nationale. Les investissements massifs dans les infrastructures d’irrigation et les serres modernes ouvrent de nouvelles perspectives pour le secteur, bien que la gestion durable de l’eau reste un défi majeur.

Les Modes de Multiplication Végétative en Cultures Maraîchères

Dans les cultures maraîchères, la multiplication végétative (ou asexuée) est une technique fondamentale pour reproduire des plantes identiques à la plante mère, préserver des caractéristiques variétales précieuses (comme le goût, la résistance aux maladies ou la précocité) et souvent obtenir une production plus rapide qu'avec un semis. Contrairement à la reproduction sexuée (par graines), elle assure une uniformité parfaite de la culture, ce qui est un avantage commercial majeur (George, 2009).

Voici les principaux modes de multiplication végétative rencontrés en maraîchage, avec des exemples concrets pour chaque méthode.

1. Le Marcottage

Cette technique consiste à provoquer l'enracinement d'une tige tout en restant attachée à la plante mère. Une fois enracinée, la tige est séparée pour former un nouveau plant autonome.

Exemple maraîcher : Le fraisier. Le marcottage naturel se fait par les stolons (tiges aériennes rampantes) qui produisent de nouveaux plants. Le maraîcher peut guider et fixer ces stolons pour optimiser l'espace et la qualité des plants fillons (Lieten, 2002).

2. Le Bouturage

On prélève un fragment de la plante (tige, feuille, racine) et on l'amène à développer ses propres racines pour former un nouveau plant autonome. La réussite dépend de facteurs comme l'hygrométrie et la température.

Bouture de tige : Très courante.

Exemples : La tomate (on peut bouturer les "gourmands" pour produire rapidement de nouveaux plants), la menthe, le romarin, le basilic. C'est une méthode simple et économique pour multiplier les plantes aromatiques (Hartmann et al., 2011).

Bouture de feuille : Moins courante pour les légumes.

Exemple : La patate douce. On bouture des fragments de tiges (parfois appelés "vine cuttings") pour la production de plants.

3. Le Greffage

On assemble deux parties de plantes différentes : le greffon (portion de tige portant les bourgeons de la variété désirée) et le porte-greffe (système racinaire aux qualités spécifiques). Cette technique est devenue essentielle pour profiter de la vigueur et de la résistance aux bio-agresseurs du porte-greffe, notamment en cultures sous abris et en sol fatigué (Lee & Oda, 2003).

Exemples maraîchers :

Tomate et Aubergine : Souvent greffées sur des porte-greffes résistants à des maladies comme le Fusarium ou le Verticillium.

Melon et Pastèque : Greffés sur des courges (comme Cucurbita maxima) pour une meilleure résistance au flétrissement et une plus grande vigueur.

Poivron et Piment : Également greffés pour améliorer leur productivité et leur tolérance à la salinité.

4. La Division de Touffe

On sépare une plante mature en plusieurs éclats, chacun possédant des racines et des bourgeons. C'est une méthode simple et rapide qui permet aussi de rajeunir les plants.

Exemples maraîchers :

Ciboulette, Estragon, Rhubarbe, Oseille. On divise les touffes tous les 3-4 ans pour les régénérer et les multiplier (De Hertogh & Le Nard, 1993).

5. L'Utilisation d'Organes de Réserve Spécialisés

C'est le mode de multiplication le plus direct pour de nombreux légumes-racines et bulbes. La plante mère produit des organes souterrains qui sont à la fois des organes de stockage et de multiplication.

Tubercules : Tiges ou racines renflées contenant des réserves.

Exemple : La pomme de terre. On plante les "tubercules-semence" qui portent des bourgeons (les "yeux"). La sélection de plants sains est cruciale pour éviter la dégénérescence virale (Struik & Wiersema, 1999).

Bulbes : Bourgeons souterrains entourés d'écailles charnues.

Exemple : L'ail, l'échalote. On plante les caïeux (gousses d'ail) qui se développent en une nouvelle plante. L'oignon est généralement multiplié par semis, mais peut l'être par bulbilles.

Rhizomes : Tiges souterraines horizontales qui portent des bourgeons.

Exemple : Le topinambour et l'asperge. Pour l'asperge, on utilise la "griffe" (un système de racines et de rhizomes), obtenue par division.

Avantages de la Multiplication Végétative en Maraîchage :

Identité génétique : Obtention de clones, garantissant l'uniformité de la récolte.

Préservation des caractères : Maintien des qualités d'une variété intéressante non stable en reproduction sexuée.

Rapidité : Pour certaines espèces, c'est plus rapide que le semis (ex: aromatiques par bouturage).

Contournement de problèmes : Permet de multiplier des plantes qui produisent peu ou pas de graines viables (ail, pomme de terre).

Liste des Références Bibliographiques

De Hertogh, A. A., & Le Nard, M. (1993). The Physiology of Flower Bulbs. Elsevier Science.

Ouvrage de référence sur la physiologie des plantes à bulbes, incluant les techniques de division et de gestion des organes de réserve.

George, R. A. T. (2009). Vegetable Seed Production. CABI.

Ce livre traite de la production de semences mais contraste et compare souvent avec les méthodes végétatives, expliquant les contextes où ces dernières sont préférées.

Hartmann, H. T., Kester, D. E., Davies, F. T., & Geneve, R. L. (2011). Hartmann & Kester's Plant Propagation: Principles and Practices (8th ed.). Prentice Hall.

L'ouvrage fondamental et exhaustif sur toutes les techniques de multiplication des plantes, y compris le bouturage, le marcottage et le greffage, avec des bases scientifiques solides.

Lee, J. M., & Oda, M. (2003). Grafting of Herbaceous Vegetable and Ornamental Crops. Horticultural Reviews, 28, 61-124.

Un article de revue scientifique détaillé qui fait autorité sur le greffage des légumes, expliquant ses bénéfices et ses méthodes.

Lieten, F. (2002). Strawberry Production in Central Europe. International Journal of Fruit Science, 2(3), 77-83.

Article décrivant les pratiques culturales de la fraise, y compris la production de plants par stolons (marcottage).

Struik, P. C., & Wiersema, S. G. (1999). Seed Potato Technology. Wageningen Academic Publishers.

Spécialisé dans la technologie de production des plants de pomme de terre, couvrant la multiplication végétative via les tubercules et les méthodes modernes de cultu

 


Modifié le: vendredi 7 novembre 2025, 23:48